Une solution malgacho-malgache

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Une solution malgacho-malgache

Message  tamtam le Ven 30 Nov 2012, 19:43

Une solution malgacho-malgache

Pour sortir de l’impasse, dont beaucoup se satisfont parce qu’ils sont membres d’institutions pléthoriques dites « de consensus » et en tirent des avantages auxquels ils n’auraient normalement pas droit, une issue s’impose. Vus la complexité des dossiers et les recours possibles, les démêlées judiciaires de Marc Ravalomanana pourront durer des années avant d’être dénouées. Ce qui devrait l’empêcher, en toute hypothèse, de se présenter à la prochaine élection. La logique voudrait donc qu’il se rallie à l’évidence, sans avoir à y être contraint. Et le pouvoir de Transition, toutes institutions d’union nationale confondues, s’honorera en organisant un procès mené avec impartialité et transparence. Dans ce but, le SeFaFi propose que soit constitué un tribunal spécial, assisté par des experts de la CI qui garantiront la tenue d’un procès équitable, dont le verdict serait acceptable sur le plan national et international. Peut-être faut-il relancer l’idée de la mise en place d’une Haute cour de justice de la Transition, dont l’idée avait déjà été discutée lors des négociations du Carlton en 2009. Par ailleurs, la Charte Africaine de la Démocratie spécifie que « les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur État » (Art. 25,4)2. Il s’agit de l’application du principe numéro 16 de l’article 4 de l’Acte constitutif de l’Union africaine : « condamnation et rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernements ». Cette interdiction rejoint la promesse maintes fois réitérée par Andry Rajoelina de ne pas se présenter à l’issue de la Transition. Elle correspond également à la proposition qu’il aurait faite lors de la rencontre des Seychelles en août dernier (aux dires de certains membres de la SADC), de renoncer à sa candidature si Marc Ravalomanana renonçait à la sienne. Ce faisant, il donnera un exemple de civisme qui rejaillira sur le pays autant que sur sa propre personne. Cette solution serait, en outre, particulièrement appréciée par la population. Lors des ateliers qu’il a récemment organisés dans plusieurs villes, le SeFaFi a pris la mesure de l’attente des citoyens, et de leur soif de voir émerger de nouveaux acteurs politiques3. Y a-t-il meilleur exemple à donner aux citoyens, que celui d’un retrait volontaire des deux protagonistes de la crise ? Pareille attitude constituerait un précédent inestimable en faveur du renouvellement de la classe politique, souhaité par la population, à tous les échelons du pouvoir. Enfin, cette issue consensuelle offrira une porte de sortie honorable à Marc Ravalomanana autant qu’à Andry Rajoelina. En faisant passer l’intérêt général de la nation avant leurs ambitions personnelles, ils resteront les artisans du dénouement de la crise, tout en faisant preuve de sagesse et de patriotisme…

Antananarivo, 28 novembre 2012
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2 L’alinéa 5 de cet article s’applique également à Marc Ravalomanana, qui a démissionné en faveur d’un Directoire militaire : « Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement peuvent être traduits devant la juridiction compétente de l’Union ».

3 Impunité, amnistie et réconciliation. Bilan des ateliers du SeFaFi, 7 novembre 2012

tamtam
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